Ce soir, c'était ma remise de diplôme d'études collégiales. Je n'étais naturellement pas disposé à y aller, étant donné que je suis dans une autre province. Toutefois, en y réfléchissant, je me demande si j'aurais voulu y aller....
Depuis que je suis à l'école, je cherche à performer.
Au primaire, j'étais doué! J'aimais apprendre, ce qui me permettait d'avoir des bonnes notes. Mis à appart les félicitations de mes professeurs, aucune reconnaissance ne m'était vraiment rendu. Tout jeune encore, la simple satisfaction de voir un note supérieur à 90 dans mon bulletin me remplissait de joie et de fièreté.
Au secondaire, j'étais brillant et intelligent. Ormis mon amour de l'apprentissage, j'éprouvais un certain désir de performance. Contrairement au primaire où il y a bien moins d'élèves et où l'attention est divisé par classe, le secondaire accueil beaucoup d'élèves et divise l'attention sur un niveau au complet. Là où seulement un prof te félicitait, au secondaire, plusiseurs profs ainsi que l'ensemble du niveau te félicitent. Il y avait d'abord les certificats (performance scolaire, effort soutenu et meilleure amélioration) que chaque prof remettait à la fin d'une étape. Ensuite, à la toute fin de l'année, un remise de prix récompensait ceux qui s'en étaient mérités le plus dans le plus de cours possible. À partir de sec 2, je faisais partir de ceux-là. Je performais d'abord pour moi, mais l'espoir d'entendre mon nom être appelé quand le prof donne les certificats, c'était plus fort que moi. En secondaire 1-2, je n'étais pas vraiment reconnu (si on peut dire ça comme ça...), un élève comme les autres quoi! Après mon retour de JBM en secondaire 3, j'enchainais bonnes notes, après bonne notes; certificats, après certificats. De secondaire 3 à 5, mes performances faisaient parler. Tous les profs me connaissaient d'une façon ou d'une autre; et même certains élèves que je ne connaissait pas vraiment. Chaque année je recevais des certificats, puis prix d'excellence. C'était tellement satisfaisant pour ma confience et mon estime de moi, mais aussi pour mon égo et mon orgueil... Recevoir les honneurs qui sont mérités c'est plaisant, mais aussi ennivrant. On en vient à en espérer plus... Comme ce dernier honneur, l'ultime honneur du secondaire: la médaille du gouverneur général. Depuis secondaire 3 que j'me disais qu'en secondaire 5 ce serait mon tour d'avoir cet honneur, ce prestige. Pourtant, mon heure ne vint pas. Ce fut un dur coup à l'orgueil... Je l'ai surmonté, c'est quand même un bon ami qui l'a eu et il le méritait.
Au cégep, j'étais un cégépien moyen. J'avais toujours mon désir d'apprendre, mais il a recommencer à prendre le dessus. Après une session, j'ai rapidement compris que je ne pouvais pas être le meilleur, que les forces étaient beaucoup plus concentrées quand on regroupe des gens de science dans un même programme. Inutile de me battre à mort et à l'épuisement pour surpasser tout le monde, je peux très bien performer pour moi sans faire trop d'effort. C'est ce que j'ai fait. J'ai suivi mes cours, j'ai étudié, je me suis amusé et j'ai travaillé assez pour atteindre des performance à la hauteur de mes attentes.
Maintenant, où est-ce que j'en suis? J'ai une côte R de 32, respectable pour un élève de science pure. J'ai été accepté dans une université, même si je n'y suis pas allé. Je me suis engagé dans plusieurs projets communautaires (scout, secourisme) et scolaire (centre d'aide en français et en mathématique). J'ai un background assez bien bâti pour avoir une ou deux bourse avec de la chance... Pourtant, je sens encore qu'il manque quelque chose. J'aurais aimé avoir une reconnaissance quelconque de mon programme ou du cégep. C'est à un autre élève que reviens cet honneur...
Voilà pourquoi je remets en question mon désir d'aller à cette remise de diplômes. D'un côté, mon orgueil en aurait pris un coup, de me présenter et de voir quelqu'un d'autre récolter les honneurs que j'aurais emplement mérité avec un peu plus de travail. De l'autre, j'aurais aimé recevoir mon diplôme, recevoir ce qui m'est du après 2 ans de dur travail. Au bout du compte, j'ai fais le choix de prendre ça cool et de suivre la vague, j'ai renoncé en partant aux honneurs que je recherche tant. Je me serais fais une raison et j'aurais probablement été chercher mon diplôme fier de ce que j'ai accompli!
La question que je me pose maintenant, est-ce un vice de rechercher les honneurs? La reconnaissance nourrit-elle l'estime ou l'orgueil? L'âme ou l'égo?
Rappelez-vous du son des trains
Il y a 9 ans
2 commentaires:
Eh...
Je te comprends, j'ai passé ma vie à rivaliser avec tout le monde pour les notes, les honneurs, les mentions etc.
J'ai l'impression de ne jamais avoir été reconnue, j'ai le syndrome de la deuxième. Peu importe ou, dans quoi, je passais deuxième, rarement première.
La remise de diplôme, je ne suis pas allée non plus. j'en avais marre d'être une très bonne élève, juste en dessous de la personne complètement imbattable qui n'avait que des notes impossibles à surpasser...Tout le monde la connaissait pour ses notes incroyables, mais personne ne savait que ma moyenne était de quelques points de moins.
bref, comme il y aura toujours meilleur que soi, il faut savoir s'auto-valoriser...
Écoute si tu savais, j'échangerais bien mes deux médailles contre les 200 et quelques balles que t'ont value le truc de la commission scolaire... maudite vie de capitaliste!!!
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